Bonaire, Pirates and Filibustiers, The Journal of the Golven, Saskia van Dorn, 1671

Jacquotte

Saskia van Dorn est une fille de bonne famille dont le destin semble déjà tracé, entre de longues heures de broderie et une vie facile. Fille de riche marchand d’Enkhuizen, petite ville portuaire des Pays-Bas. Un avenir avec mariage, enfants et tout ce qu’une fille de bonne famille sait et doit faire. Et surtout se taire. Mais Saskia n’est pas de ce type de femme et sa franchise brise souvent tout la magie de sa beauté de jeune hollandaise lorsqe les prétendants tentent une approche. Prétendants à hériter surtout de la grande fortune du père, le temps venu. Aussi les années passèrent sans que fiancailles ne soient célébrées, au grand damn de son père, Heinrich van Dorn.

Jusqu’au jour où ses 20 ans sonnèrent, sonnant le glas de son indépendance puisqu’un parti vint demander sa main, visiblement moins intéressé par la belle que par sa dot. Un parti intéressant pour son père, puisqu’il s’agit d’un partenaire commercial particulièrement important bien que de 30 ans l’aînée de sa fille. Mais que valent les désirs d’une jeune femme face à l’appât du gain?

Le jour des noces coïncidait avec la mise à l’eau d’un bringantin fin et taillé pour la course, armé de peu de pièces mais délibérément conçu pour échapper aux pirates qui pourraient barrer sa route sur ses chemins commerciaux aux Antilles, terre de tant de promesses commerciales. Chose anodine au demeurant ca son propriétaire n’avait même pas escompté assister à cette mise à l’eau devenue tellement banale dans son quotidien de riche armateur.

Fut-il mal inspiré de ne pas y assister, alors que le mariage de sa fille scellant un arrangement commercial inespéré allait être célébré une heure plus tard en l’église d’Enkhuizen devant toute sa populace? Peut-être aurait-il pu y voir sa fille, costumé en garçon, monter à son bord avec un large sac bien lourd… et le sourire des marins que l’on savait notoirement sous-payés alors que le navire était sensé faire quelques essais de manoeuvrabilité en mer. Peut-être aurait-il vu une partie de sa fortune, son plus beau navire, son équipage et sa fille partir à l’aventure loin, très loin dans les Antilles, très très loin de la vie sans fard qu’il comptait bien leur imposer.

C’est ainsi que Saskia van Dorn, que l’on n’appelait désormais plus que Saskia des Vagues (nom hérité de celui de son navire “Golven”, signifiant “les vagues” en Néerlandais), fit son apparition dans les Antilles Hollandaises après une traversée de l’Atlantique sans histoires, bien décidée à écrire elle-même son destin.

Scar
Scar venait de remplir un de ses premiers contrats pour les hollandais. Apportant à bonaire une petite troupe de soldat.

Journal de bord du Golven

23 octobre 1671:  Nous avons décidé de rentrer au port de Bonaire. La chose est risquée mais il n’y avait aucun homme parlant le français sur la corvette nos actes ne créeront sans doute aucun incident diplomatique et la corvette n’a pas put donner l’alerte si vite. Ils penseront à des anglais sans doute… Les imbéciles!

6 Décembre 1671: L’hiver est une saison propice au commerce dans les Antilles. Des vents réguliers, peu de pluies et des températures plus clémentes pour nos pauvres peaux pâles rougissant au soleil. Après notre coup d’éclat à Curaçao, nous avons décidé de rallier Bonaire, une colonie un peu isolée des conquêtes néerlandaises dans cette partie du monde. Je pourrai y vendre le produit de ma dernière opération avec un profit conséquent.

9 Décembre 1671: Nous avons rencontré deux navires ennemis sur notre chemin. Le premier, une goëlette de commerce battant pavillon Français, n’a opposé que peu de résistance et s’est rendue avant l’arbordage. Leur capitaine avait succombé durant l’attaque mais leur second s’est avéré un homme de parole et d’honneur, aussi l’ai-je laissé partie avec ses 19 hommes d’équipage après les avoir délesté de leur cargaison. Le seconde rencontre, cette fois avec une flûte de commerce espagnole, fut plus meurtrière, mais le jeu en valait la chandelle: comme je le pressentais, le bâtiment était plein à craquer de richesses en or sonnant et trébuchant, mais aussi en lingots d’argent et autres marchandises de valeur. Certes, mon équipage a souffert lors de l’abordage et le Golven a subi de gros dégâts, mais la libération des huit esclaves capturés sur le navire ennemi nous permettra au moins de rallier Bonaire.

11 Décembre 1671: Bonaire. Alors que j’essayais de trouver des hommes d’équipage, j’ai eu maille à répartir avec un capitaine Français commandant brick anglais. Une magnifique prise de guerre que j’ai pu admirer sur le quai à mon arrivée. Le premier contact fut assez explosif. Un duel que j’ai perdu, pour tout dire. C’aurait pu être mon dernier duel, d’ailleurs, mais il s’est avéré clément et j’ai appris à le connaître. Finalement j’ai accepté de collaborer avec lui, dans la mesure où nos sens de l’honneur respectifs semblent concorder. Il s’appelle Scar, rapport à une large cicatrice sur son torse.

21 Février 1672: Les affaires sont calmes dans les Bovenwindse Eilanden où j’ai acquis désormais plus de sept cents acres de terres à Sint-Eustatius. Tellement calmes qu’il n’y a plus de vaisseaux ennemis ni de mission des gouverneurs dignes de ce nom. Aussi ai-je mis le cap sur les Benedenwindse Eilanden que sont Bonaire, Curaçao et Aruba. Là bas, au moins, la lutte en mer contre l’Espagne y est rude et âpre, et je suis bien aise que mon équipage et moi-même nous soyons d’abord endurcis dans les Bovenwindse Eilanden avant d’opérer près des côtes d’Amérique du Sud.
La situation est telle que les gouverneurs d’Aruba et de Bonaire notamment me demandent l’impossible, comme prendre d’assaut des ports ennemis comme ceux de Cùmana ou Coro, ce qui est clairement impossible avec mon équipage. Ce type de projet intéresserait mon ami le capitaine Scar, assurément. Il s’y connait bien mieux en assauts que moi. L’Espagne est un ennemi commun fort riche et bien trop présent sur les terres sud-américaines à notre goût, et une opération de cette envergure ne peut s’envisager qu’avec son concours… il va falloir que je lui en touche un mot.

SRC: http://forum.ageofseadogs.com/index.php?topic=3314.0;wap2

©2012 Olivier Douvry/GlobeDivers

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